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Introduction, Modèle EDV, Commentaires , Parutions antérieures
Cette réflexion est la suite de mon raisonnement exprimé dans l'onglet ''publications précédentes'' pour répondre à la question du blog :
La spiritualité : en quoi est-elle un avantage adaptatif pour la survie d'une espèce ?
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Instinct, intuition et spiritualité (mars 2026)
L’article de décembre 2025 avance l'hypothèse selon laquelle une forme d'énergie, jusqu'alors inconnue, pourrait constituer la cause principale de l’effet spirituel. A l’inverse, la psychologie considère la spiritualité comme l’effet d’une chaîne d’évènements.
Des stimuli endogènes tels que la méditation ou exogènes tels qu'un deuil ou une naissance agissent comme des déclencheurs. Les études en neurosciences expliquent que s’en suit le déclenchement d’interactions entre des neurotransmetteurs, des hormones, et des voies neuronales à l’aide d’énergies électrochimiques et métaboliques. Le système limbique (en particulier l’amygdale et l’hypothalamus) se module alors selon la complexité des circuits cérébraux impliqués. Les instincts sont initiés par les connexions les plus simples, tandis que des réseaux plus complexes donnent naissance à l'intuition. L'intégration des circuits de la conscience à ce processus crée les conditions propices à l'émergence de la spiritualité.
Ces recherches postulent que l'instinct, défini comme la tendance innée à agir, est une caractéristique inhérente à tout animal doté d'un système nerveux et de circuits cérébraux fondamentaux. Ce programme comportemental est inné, axé sur la survie et régi par des circuits prédéterminés. L’intuition, en revanche, c’est-à-dire l’évidence intérieure d’un choix d’action, est issue de circuits de traitement d’informations plus complexes appartenant à l’inconscient. Tout animal qui intègre dans son processus décisionnel des connaissances acquises par l'expérience, la mémoire et des signaux sensoriels fait preuve d'une forme d'intuition. Ce phénomène a été documenté chez le genre homo (sapiens et Néandertal), les grands singes, dauphins, éléphants, corvidés, perroquets et certains animaux marins ou migrateurs.
La spiritualité, définie comme le ressenti d’une connexion avec soi-même, l’autre et la nature, est quant à elle la conséquence de la formation d’un contenu inconscient d’archétypes et de symboles qui est ensuite intégré dans la conscience. Selon Jung, l’instinct fournit l’information fondamentale tandis que l’intuition facilite le traitement inconscient qui la transforme en une vision, des symboles ou une voie intérieure. La conscience interprète l'effet qui en résulte comme de la spiritualité.Les grandes questions spirituelles à savoir celles concernant la mort, la sécurité, l’appartenance, l’amour, la filiation et le pouvoir s’enracineraient donc dans des instincts fondamentaux de survie, de reproduction, de protection du groupe et de quête de statut. À ce jour, ce type de spiritualité n’a été identifié que chez le genre Homo.
Par conséquent, psychologues, psychanalystes et neurobiologistes s’accordent à dire que l’instinct, l’intuition et la conscience sont des conditions préalables à la spiritualité et les causes fondamentales de sa manifestation. Ces seuls éléments sont nécessaires et suffisants pour comprendre le contexte causal de la spiritualité. Dans l'hypothèse où une énergie autre que celles actuellement reconnues (électrochimique et métabolique) serait nécessaire au processus, celle-ci devrait plutôt être liée au passé causal direct de l'instinct et de l'intuition. Cette perspective postule que seuls les animaux dotés d'instinct, d'intuition et de conscience sont capables de développer une capacité spirituelle. Ce ne serait pas le cas si la spiritualité était exclusivement attribuable à une énergie, même non encore identifiée.
Cette conclusion reste valable même en ne considérant que les stimuli initiaux, tels que la méditation, la naissance ou le deuil, comme causes directes. Le modèle EDV l’illustre bien. Dans ce modèle, ces stimuli sont liés au groupe « Vitalité ». Ils interagissent avec des éléments du groupe Cosmos englobant les énergies de forme électro-chimique, métabolique, et inconnue. Ces dernières ne peuvent exercer une influence directe que sur les éléments du groupe « Capteurs », auquel appartiennent les cellules nerveuses. Dans un second temps, la transmission de l'information par les capteurs est traitée par des éléments du groupe « Convertisseur » comme le système nerveux et le cerveau. L'interaction entre ces éléments donne naissance à des composantes du groupe « Produit », à savoir l'instinct et l'intuition. Ces produits interagissent les uns avec les autres pour créer, avec l’aide de la conscience, une spiritualité qui nourrit les stimuli psychologiques du groupe « Vitalité » et complète ainsi la boucle de rétro-action.
Le modèle d’une spiritualité émergente, présenté dans l’article de septembre 2025, semble correspondre davantage aux résultats de la recherche que le modèle de spiritualité considérée uniquement comme l’expression d’une énergie inconnue. Cette énergie ne saurait être exclue mais elle exercerait une influence plus directe sur l'instinct et/ou l'intuition. Le principe physique de causalité qui régit la préséance des évènements produisant un effet dans le monde matériel est ainsi respecté.
Il faut toutefois considérer aussi un autre principe physique relié cette fois à l’entropie. Il a été établi que tout corps physique contribue à l'augmentation de l'entropie de l'univers. Cette augmentation de l'entropie peut être définie comme un état de désordre accru et une distribution homogène de l'énergie. Cependant, l'évolution de la vie au fil du temps progresse dans la direction opposée, marquée par une augmentation de la complexité du corps et de l'esprit des espèces. Cette question sera au centre du prochain article.